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Un Rédacteur Factornews vous demande :

 
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EA SPORTS WRC

Xavor2Charme par Xavor2Charme,  email
Développeur / Editeur : Electronic Arts Codemasters
“-Hé oui aujourd’hui nous allons accueillir, dans cette nouvelle manche du championnat du monde des jeux vidéo de rallye, un tout nouveau pilote: EA SPORTS WRC !
-Attendez Jean-Luc, cette gueule, cette façon de bouger, je le reconnais ! Ce n'est pas la première fois qu’il vient celui-là!
-Ah mais oui, il vient depuis 25 ans en fait et il nous a encore fait le coup du changement de nom !
-Ooooh mais ce n’est pas grave, regardez le partir, il s’en sort très bien, ça reste le boss!"
Drôle d’objet que ce WRC par Codemasters et EA Sport. Nous sommes face à un objet hybride devant honorer de multiples héritages : il prend la suite des plus en plus bons WRC de Kylotonn, tout en étant une nouvelle itération de la vénérable série des Dirt/Colin McRae existant depuis un quart de siècle, tout en essayant de former un tout cohérent avec la série des jeux F1 elle aussi développée par Codemasters et EA. Le challenge est donc compliqué car il faut satisfaire les adeptes de deux vieilles séries qui se rejoignent sous la houlette d’un éditeur qui fait peur, connu pour ses micro-transactions en pagaille et ses volontés de simplification de gameplay. D’autant plus que le prédécesseur officieux, Dirt Rally 2.0, est considéré par beaucoup comme la référence en terme de simulation de course contre la montre dans la gadoue (à departager avec Richard Burns Rally moddé).

Autant ne pas faire durer le suspense trop longtemps: Codemasters ne garde rien des WRC officiels de Kylotonn et propose plutôt une suite directe à sa sous-série des Dirt Rally en changeant la peinture et les sponsors.

Colin McRae des fesses

Nous sommes face à un jeu de rallye. Le rallye, pour celles et ceux qui ne le sauraient pas, est une épreuve de contre-la-montre où chaque équipage doit aller d'un point A à un point B le plus vite possible. Ces trajets, que l’on appelle des “spéciales”, peuvent faire ici entre 5 et 35 km et peuvent avoir des surfaces différentes: bitume, gravier ou neige. Je parlais d’équipage car le pilote est accompagné d’un copilote qui a pu reconnaître le parcours en amont et noter sur un carnet les différents enchaînements de virages. Ces indications sont ensuite retransmises par le copilote permettant au pilote d’anticiper la suite de la spéciale et de pouvoir conduire à la limite tout le long. La conduite en rallye est donc intense, demandant beaucoup de concentration et d’improvisation. Là où la course sur circuit peut parfois (souvent) être un peu plan-plan, le rallye propose toujours des images impressionnantes de Ford Focus ou de Renault Clio sautant depuis une butte à plus de 120 km/h, s’écrasant au sol et continuant son chemin sans avoir vraiment freiné.  

Il est donc assez logique que le jeu vidéo se soit emparé de la discipline assez vite dans son histoire et que des noms comme Sega Rally ou V-Rally résonnent aux sonnotones des vénérables amateurs éclairés de vroomvroom. Les sensations de ce genre de jeux de courses sont assez uniques et s’apparentent à ce que j’appellerais des jeu de rythme à solution ouverte. Les jeux de rythmes sont des jeux de flow dans lequel nous suivons les instructions du jeu en étant porté par la bande-son. Les jeux de rallyes sont aussi des jeux de flow dans lequel nous suivons aussi des instructions mais nous ne sommes pas jugé sur leur exécution mais sur le temps que l’on va mettre à arriver au bout de la spéciale. 

"Excusez-moi, où sont les WRC ?"

EA WRC est donc le jeu officiel du… WRC. Le World Rally Championship (qui s’abrège en WRC, au cas où c’était pas clair) est le championnat du monde officiel de la FIA proposant 3 catégories: Junior WRC, WRC2 et WRC1 avec à chaque fois des voitures de plus en plus puissantes. Le championnat enchaîne 13 rallyes répartis dans le monde entier et que l’on retrouve tous dans le jeu à l’exception du Rallye d'Europe Centrale qui arrivera plus tard en DLC (c'est le petit nouveau du calendrier c'est pour ça). En plus des voitures officielles, le jeu propose 68 véhicules historiques allant de vieilleries comme la Lancia Fluvia à la Citroën Xsara de Sébastien Loeb en passant par la monstrueuse Audi Quattro S2 de Michèle Mouton. Nous avons de quoi faire, de nombreux kilomètres de chemins de campagne à parcourir le cul vissé dans diverses engins et c’est surtout beaucoup plus que ce que proposait à sa sortie Saint Dirt Rally 2.0 et ses 6 pauvres rallyes (oui je sais, il y avait le Rallycross). De plus l'abandon du bon vieux Ego Engine au profit de l’Unreal Engine 4 permet de proposer des spéciales de plus de 30 kilomètres, ce qui n’était pas le cas dans les jeux précédents de Codemasters.

Dessine-moi une Mouton

Si vous connaissez la série de jeux "F1 20xx", le premier contact avec ce WRC vous sera familier. Nous créons un avatar avec un éditeur trèèèèès réduit et nous arrivons au menu principal. 
Et là, s’il y a bien un changement qui différencie directement ce WRC d’un hypothétique Dirt Rally 3.0, c’est l’interface. Le jeu utilise la charte graphique assez grossière du WRC et perd donc la classe quasi-Wipeoutesque des menus des Dirt Rally. Certains éléments de menus semblent tout droit sortis d’un jeu mobile, la navigation est pénible et les couleurs souvent mal choisies. L’ambiance musicale dans les menus est assurée par quelques chansons licenciées pas désagréables mais qui semblent tomber un peu à côté. 



Une fois s’être rincé les yeux au Destop, nous pouvons donc choisir parmi de nombreuses options. Le jeu propose les classiques championnats et créations de rallyes personnalisés ainsi que les modes Carrière, Moments et Ecole de rallye. Cette dernière est un véritable don des dieux (non je n’exagère pas) car elle explique assez rapidement les techniques essentielles et propose des mises en application sur les 3 surfaces. La dernière école de rallye remontait à Dirt 4 (auquel personne n’a joué) mais celle-ci permet aux novices de comprendre le pilotage en rallye, les indications du copilote, les nouveaux systèmes d’hybridations sur les voitures de WRC1 etc. De plus, ce mode à le bon goût de rester succinct.

La carrière se rapproche des modes solos des jeux F1, nous mettant dans les baskets d’un pilote biclassé gestionnaire d’écurie. Toutes les semaines, nous devons choisir l’activité qui nous occupera : participer à une épreuve, agrandir son staff, acheter une nouvelle voiture etc. Les choix se font en fonction de nos objectifs de sponsors ou selon les préférences de notre bon mécène, Max Lucre. Nous sommes aussi coachés par notre ingénieur en chef, doublé par le même bonhomme qui double le même genre de personnage dans les jeux F1, qui nous guide sur certains choix et qui possède son arbre de talents pour améliorer les réparations de notre tacot entre 2 spéciales ou avoir des ristournes chez les vendeurs de matériel ou de voiture. Si le principe est fondamentalement le même que dans les Dirt Rally précédents, les surcouches d’ambiance (même moches) et la meilleure gestion du rythme (nous changeons régulièrement de catégories) en font un mode assez addictif avec un petit goût de reviens-y.

La carrière permet aussi de créer de toute pièce sa propre bouffeuse de gravier en sélectionnant la classe (Junior, WRC2 ou 1) ainsi que le positionnement du moteur puis d’acheter différentes pièces de  moteur et de carrosserie. Ce petit plus déçoit tout de même par une absence totale de folie dans le design des pièces (à part un levier de vitesse tête de mort) et est très limité dans la personnalisation (même s’il est possible d’éditer ses propres livrées). J’imagine que c’est pour coller au règlement actuel de la FIA et qu’on ne peut pas se pointer avec une pseudo Peugeot 205 à 6 ailerons des enfers mais du coup, à quoi bon ?



Le mode Moments quant à lui est un mode défi déguisé avec des rallyes temporaires. L’originalité de ces “Moments” se trouve dans le fait qu’ils sont inspirés d'événements de la saison 2023 ou historiques et sont accompagnés d’une petite vidéo. Un plus sympathique gâché par certains Moments uniquement accessibles aux abonnés EA Play.

Le jeu propose aussi des rallyes de régularité, une épreuve consistant à garder une vitesse moyenne (généralement assez basse) et à respecter un delta de temps transformant notre jeu de rythme à solution ouverte en clone chiant de Densha de Go!!. Vous êtes gentils mais moi je suis venu pour foncer dans la campagne avec mon monstre de la route. 

Le finlandais volant à retour de force

Je parlais plus haut du petit goût de reviens-y. Si le rythme de la carrière l'exacerbe, se sont surtout les sensations de conduite qui rendent le jeu addictif. J’ai eu un syndrome du “Encore un tour” transformé en “Encore une spéciale, la prochaine elle est pas longue allez c’est partoche”. Une fois le retour de force bien réglé, c’est un plaisir de rouler sur les graviers et la neige, j’ai bien senti les améliorations depuis Dirt Rally 2.0. L’asphalte paraît encore un peu caricatural avec une très forte adhérence mais les sensations de vitesse sont excellentes sur ce genre de spéciales et les rendent finalement plus grisantes qu’autres choses. Les sons des bagnoles et le bruit des moteurs sont toujours phénoménaux et ça braille, ça crisse, ça hurle comme il faut. J’adore le bruit des petits graviers qui tapent sur la carrosserie
J’ai surtout l’impression que la physique est plus prévisible que son prédécesseur et je me suis senti bien plus en contrôle (avec toutes les aides désactivées s’il-vous-plaît). Les tracés sont chouettes, le jeu alternant de plus entre spéciales techniques et d’autres pied au plancher. Le jeu se joue par ailleurs bien à la manette.

Côté copilote, je n’ai pas eu de surprise et il est possible de définir le timing de ses annonces. 

Ça casse pas trois roues à une Celica

Par contre c'est pas très beau. Si le passage à l’Unreal Engine 4 se remarque dans la qualité des textures et dans la taille des spéciales, le jeu a du mal à proposer de belles ambiances, ce qui était le point fort de Dirt Rally 2.0. Les différents rallyes se ressemblent un peu tous et ne brillent qu’à l’aube ou pendant le coucher du soleil où les effets de lumière peuvent être efficaces. Les Dirt Rally proposaient des rallyes inédits et Codemasters avait sûrement plus de liberté pour proposer des ambiances différentes selon les lieux. 

Surtout les abords des chemins sont très peu animés: dans Dirt Rally 2.0, il y avait des drônes qui nous survolaient, des voitures concurrentes encore fumantes garées sur le bas-côté. C’était déjà pas incroyable, mais le fait qu'il n'y ait même pas ça accentue encore plus le manque de vie sur les tracés. 

Le pire, c’est que ça rame ! Certains rallyes comme Monte-Carlo subissent des baisses de framerate régulières et j’ai vraiment eu du mal à trouver des réglages graphiques qui ne soient pas désagréables. Du clipping est aussi à déplorer mais pas au point de faire apparaitre des obstacles au dernier moment. A vrai dire cela se voit beaucoup sur les rediffusions mais je n'y ai pas fait vraiment attention dans le feu de l'action. Les développeurs sont au courant et un patch est en route, ce qui montre que le jeu n’était peut-être pas encore tout à fait prêt. La VR n'est d'ailleurs pas présente, elle arrivera plus tard et il y a de quoi être inquiet. Sur les jeux F1, leur récent mode VR est catastrophique et Kunos Simulazioni n'est jamais parvenu à l'optimiser sur Assetto Corsa Competizione, lui-aussi sur l'UE 4.

Soucis techniques et propositions discutables mis à part, cette nouvelle ère de jeux officiels WRC part sur de très bonnes bases. La conduite est toujours aussi agréable et la carrière, si elle est perfectible, est suffisamment engageante pour y passer du temps. La finalité du jeu est de toute façon de se confronter aux chronos mondiaux et la communauté a l’air d’avoir lâché Dirt Rally pour celui-ci. L’absence de numérotation laisse à penser que c’est un coup d’essai pour EA qui tâte le terrain avant d’annualiser la franchise. Nous verrons bien ce qu’ils décideront et d’ici là, rendez-vous sur les leaderboards! 

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